(Dans la série des vieilleries... qui ne semblent pas vouloir vieillir...)
Sur la rivière
Il peint sa vie à l'encre noire
Entre les lignes du cahier
Pour boucher les trous de mémoire
Qui voudraient se faire oublier
De ses années de purgatoire
Il garde pages raturées
Pleines de rêves dérisoires
Et de lubies alambiquées
On flotte un temps sur la rivière
Un peu comme un petit bouchon
Qui va de l'ombre à la lumière
Avant de piquer vers le fond
Il a suivi sa trajectoire
Et ses dérives mal rêvées
De tous ces projets illusoires
Où il s'est bien rivé le nez
On apprend si peu des victoires
Et tant de ce qu'on a raté
Il n'aura pas connu la gloire
C'est peut-être autant de gagné
On flotte un temps sur la rivière
Un peu comme un petit bouchon
Qui va de l'ombre à la lumière
Avant de piquer vers le fond
Il dit ; " J'ai fait ce que j'ai pu "
" pour tenter de lire les signes "
" on vit des vies à courte vue "
" on cherche à détourner la guigne "
" Longtemps dormi, puis trop couru "
" finaudant avec les consignes "
" transigeant avec l'inconnu "
" en essayant de rester digne "
On flotte un temps sur la rivière
Un peu comme un petit bouchon
Qui va de l'ombre à la lumière
Avant de piquer vers le fond
On court après la réussite
On y met tout le cœur qu'on peut
On rêve, on doute et on s'agite
On ferait tout pour être heureux
La vie d'un humain passe vite
Plus vite qu'on ne le croyait
On goûte un peu puis on la quitte
Qui peut dire où on va après ?
On flotte un temps sur la rivière
Un peu comme un petit bouchon
Qui va de l'ombre à la lumière
Avant de piquer vers le fond
Michel Maurice Fortin
4 août 2003
Par michiboux
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Publié dans : écriture
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