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Vendredi 25 avril 2008
Rien de mieux que les paroles d'une vieille chanson qu'on a composée il y a plus de 16 ans pour se sentir actuel... dans le temps...

Le zappeur


Assis toute la journée dans mon corps qui s'promène
j'passe ma vie à zapper toutes sortes d'énergumènes
les humains sont étranges avec leu'p'tites manies
y'a une chose qui m'dérange, c'est qu'j'en suis un aussi

paraît qu'on est v'nu là pour en savoir plus long
on avance, on avance même si c't'à reculons
à toutes les fois qu'on dort ça pourrait être la mort
on s'réveille, on s'rendort, peut-être qu'on s'améliore

j'ai vu des ambitions qui donnaient des jambettes
des gagnants d'la loterie qui avaient tout'perdu
des futurs grands patrons qui faisaient des courbettes
des bouddhas basanés aux bedons distendus

j'ai vu des somnambules qui piégeaient des fantômes
pour peupler l'infini du rêve des mendiants
j'ai vu naîtr'des cauch'mars comme des vengeances d'atomes
que les Aigles ont semés dans le soleil levant

j'ai vu des grands mourants qui s'préparaient à naître
des écoeurés d'la vie à l'entrée d'un tunnel
des emmurés du Pen qui s'battaient pour une f'nêtre
des victimes innocentes à qui poussaient des ailes

j'ai vu des vieilles rancunes tricoter des ulcères
des crayons à cinq cennes cracher des arrêts d'mort
des voleurs de millions pris dans des souricières
des sourds-muets du coeur qui voulaient crier fort

paraît que tout c'qu'on voit c'est comme du cinéma
des illusions qui marchent en trompant nos cervelles
qu'on s'rait pognés ben dur dans une sorte de comas
qu'on saurait pu comment tourner la manivelle

j'ai vu des chars d'assaut qui labouraient des corps
des rêveurs env'loppés dans des drapeaux qui saignent
des vendeurs de sommeil qui jouaient les croque-mort
des beaux messages lancés vers des mondes qui s'éteignent

dans l'antichambre du ciel, à deux pas du portail
y'a des fumeurs de pot qui'ont déjà pris d'l'avance
y voulaient rien savoir d'être avec le bétail
de ben rêver sa vie, ça donne des compétences

Assis toute la journée dans mon corps qui s'promène
j'passe ma vie à zapper toutes sortes d'énergumènes
les humains sont étranges avec leu'p'tites manies
y'a une chose qui m'dérange, c'est qu'j'en suis un aussi

Joliette
30 mars 1992
Par michiboux - Publié dans : écriture
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