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Lundi 15 septembre 2008
(Dans la série des vieilleries... qui ne semblent pas vouloir vieillir...)

Sur la rivière


Il peint sa vie à l'encre noire
Entre les lignes du cahier
Pour boucher les trous de mémoire
Qui voudraient se faire oublier

De ses années de purgatoire
Il garde pages raturées
Pleines de rêves dérisoires
Et de lubies alambiquées

     On flotte un temps sur la rivière
     Un peu comme un petit bouchon
     Qui va de l'ombre à la lumière
     Avant de piquer vers le fond

Il a suivi sa trajectoire
Et ses dérives mal rêvées
De tous ces projets illusoires
Où il s'est bien rivé le nez

On apprend si peu des victoires
Et tant de ce qu'on a raté
Il n'aura pas connu la gloire
C'est peut-être autant de gagné

     On flotte un temps sur la rivière
     Un peu comme un petit bouchon
     Qui va de l'ombre à la lumière
     Avant de piquer vers le fond

Il dit ; " J'ai fait ce que j'ai pu "
" pour tenter de lire les signes "
" on vit des vies à courte vue "
" on cherche à détourner la guigne "

" Longtemps dormi, puis trop couru "
" finaudant avec les consignes "
" transigeant avec l'inconnu "
" en essayant de rester digne "

     On flotte un temps sur la rivière
     Un peu comme un petit bouchon
     Qui va de l'ombre à la lumière
     Avant de piquer vers le fond

On court après la réussite
On y met tout le cœur qu'on peut
On rêve, on doute et on s'agite
On ferait tout pour être heureux

La vie d'un humain passe vite
Plus vite qu'on ne le croyait
On goûte un peu puis on la quitte
Qui peut dire où on va après ?

     On flotte un temps sur la rivière
     Un peu comme un petit bouchon
     Qui va de l'ombre à la lumière
     Avant de piquer vers le fond


Michel Maurice Fortin
4 août 2003
Par michiboux - Publié dans : écriture
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Mercredi 28 mai 2008
L'ermite

Marché la route jusqu'ici
Usé des jours, usé des nuits
Traversé les murs du désert
Rencontré mille solitaires

Creusé des trous dans ma mémoire
Dormi quand même dans le noir
Blanchi du cheveu et de l'âme
Tiré les leçons de la flamme

Je vis dedans mon rêve
Ou je rêve ma vie…

Joué des rôles d'homme-enfant
N'ai pas appris à devenir grand
N'ai jamais eu peur de la mort
Pas vraiment connu le remord

Rarement décidé des routes
Ami-ami avec le doute
Une confiance à toute épreuve
Dans la promesse de vie neuve

Je vis dedans mon rêve
Ou je rêve ma vie…

Ai marché dans des chemins d'eau
Connu la lune sous ma peau
Franchi les limites du rêve
Ai survécu de trêve en trêve

Je vis dedans mon rêve
Ou je rêve ma vie…

Me suis inventé du passé
Des avenirs imaginés
Ai rencontré ma paire d'ailes
Et me suis amouraché d'elle

On a tâté de l'infini
Poussant les frontières à l'oubli
On a redéfini l'amour
Afin qu'il rime avec toujours

Je vis dedans mon rêve
Ou je rêve ma vie…
Michel Maurice Fortin
Par michiboux - Publié dans : écriture
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Jeudi 15 mai 2008
Les petites bouffées


De l'autre côté des petites bouffées l'inconnu lève un peu sa cape
Et dans la brume des narghilés tous les tapis violents dérapent
Le voyageur est emporté jusque dans l'œil de la tornade
Les repères s'amusent à changer, le connu joue la dérobade

Le cheval fou des grands délires fonce vers tous les précipices
Pour le cow-boy, fini de rire dans le pays de l'improviste
Le passé se prend pour l'avenir, le gros bons sens est en vacance
Les mots ne savent plus rien dire, tout est trahi par le silence

Y'a tellement de questions dans ma tête, tellement de portes entrebâillées
Tellement de si et de peut-être, je me demande si vivre c'est pas hésiter
Rajoute à ça les petites bouffées, te v'là les deux pieds dans le ciment
Y'a même plus moyen d'avancer, aussi démuni qu'un enfant

Qu'est-ce que t'as fait avec tes rêves sur l'autre versant de tes 40 ans
Réveille avant que la nuit s'achève ! Vieil enfant tes cheveux sont blancs
Dans ta forêt de bouteilles vides tu cherches encore l'île au trésor
Dessous le masque de tes rides le quêteur d'absolu s'endort

Ouvre ta main pour lâcher prise, marcher c'est faire un pas de plus
N'écoute plus ce qu'ils te disent tous ceux-là qui n'avancent plus
Tu prends conseil de tes miroirs pour savoir où t'en es rendu ?
Mais les miroirs ne savent voir que là où tu n'es déjà plus…

Tu es partout si tu le veux… dans ton immobile voyage
Qu'est-ce qui se trouble dans tes yeux quand on évoque le bel âge ?
Marcherais-tu le même chemin si tu repartais du début
Pour t'en aller jusqu'à demain, si tu connaissais l'inconnu ?

Quelques oui pour beaucoup de non qui font choisir la route à suivre
Deux ou trois rêves qui tournent en rond et ça s'appelle apprendre à vivre…
Je t'aime bien, mon vieux copain, si tu pouvais en faire autant…
Passe l'éponge, ça fait du bien, apprends à marcher vent devant

On se consume à l'eau de feu et la claire vision se trouble
On n'ose plus ouvrir les yeux quand on voit le cauchemar en double
Embarqué pour le paradis, un petit bonheur au fond d'un verre
C'est pas trop long qu'on est mal pris, la gorge en feu sur le chemin de l'enfer

On se dit qu'on a mal rêvé, que la vie c'est autre chose
Qu'on s'est trompé de réalité, qu'on a  pris l'idée pour la chose
On voulait que tout le monde soit heureux, on a tout fait pour qu'on nous aime
On se retrouve le cœur frileux, avec la bouche pleine de blasphèmes…

C'est pas facile d'apprendre à vivre quand on sait pas pourquoi on court
Qu'on sait pas trop quel chemin suivre et que le mystère est si lourd
C'est sûr que pour voir la lumière faut tout d'abord ouvrir les yeux
On peut même risquer une prière au cas où y'aurait un bon dieu…

Si y'a un bon dieu pour de vrai dans le grand désert aux 1000 miroirs
Il faut que ce soit quelqu'un qui " sait ", un grand décodeur de mystères
Un grand amour qui dit " viens-t-en, viens-t-en que je rallume ta mémoire !
T'es trop nono pour être méchant, c'est toi qui a choisi la nuit noire "

" T'as choisi les pays d'oubli pour apprendre à battre des ailes "
" C'est moi l'oreille au bout de ton cri , demande-moi que je t'éveille "
" Je ne te juge pas, j'attends, petit morceau de moi qui dort "
" Voyageur du trou noir troublant, immense amour, petite mort "

" Pour jouer le jeu de la vie, il fallait droguer la mémoire "
" Sinon tu n'aurais rien appris dans le grand désert aux 1000 miroirs "
" Maintenant que tu as compris, ne crains plus d'être dans le noir "
" Ouvre tes ailes dans la nuit, c'est TOI l'ultime échappatoire… "


Michel Maurice Fortin
      St-Tite, 15 février 1995
Par michiboux - Publié dans : écriture
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Dimanche 4 mai 2008
Un jour d'amour…

T'es la lumière de mon automne
Mon coin d'soleil avant l'hiver
T'es ma sourcière, t'es ma démonne
T'as mis mon cœur tout à l'envers
Moi qui n'croyais plus en personne
Vieux mousquetaire qui désespère
J'ai r'trouvé l'envie d'être un homme
Et suis paré pour toutes les guerres

Un jour d'amour à tes côtés
Apprendre à marcher sur la mer
Et m'en aller te retrouver
Mais comment faire, comment faire ?
Est-ce que je sais encore voler ?
Je me croyais six pieds sous terre
Et me voilà ressuscité
Devant l'avenir entrouvert

T'es la compagne qui m'étonne
Et je sens que tu sais tout faire
T'as qu'à être là et je ronronne
Comme un matou célibataire
Je voudrais vivre au maximum
Tout vers l'avant et rien derrière
Courrir  vers tous les microphones
Pour dire que j't'aime à l'univers

Un jour d'amour à tes côtés
Apprendre à marcher sur la mer
Et m'en aller te retrouver
Mais comment faire comment faire?
Est-ce que je sais encore voler?
Je me croyais six pieds sous terre
Et me voilà ressuscité
Devant l'avenir entr'ouvert

Un jour d'amour à tes côtés
Le passé se change en poussière
Un jour d'amour à tes côtés
Et je traverse mes déserts
Un jour d'amour à tes côtés
Aussitôt la nuit est plus claire
Un jour d'amour à tes côtés
Le bonheur devient notre affaire
T'es mon printemps en plein hiver
Mon île du sud au mois d'janvier
Mon oasis en plein désert
Le caillou dans mon sablier
Le temps s'arrête pour se taire
Quand tes yeux sur moi sont posés
T'es ma dérive en montgolfière
Par un calme matin d'été

T'es mon envol vers la lumière
Mon besoin d'authenticité
T'es la chaleur dans ma chaumière
T'es ma planète à explorer
T'es mon ruisseau, t'es ma rivière
Ma goulée d'air après l'apnée
Ma vérité et mon mystère
Mon présent, mon éternité

Achevée à Arnières sur Iton
le 9 août 2002

http://www.archive.org/details/Michiboux_9_Chansons

(dernière chanson en bas de la liste... tout cela est écoutable, téléchargeable et aimable...lol... gratos... yeah!
Par michiboux - Publié dans : écriture
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Vendredi 25 avril 2008
Rien de mieux que les paroles d'une vieille chanson qu'on a composée il y a plus de 16 ans pour se sentir actuel... dans le temps...

Le zappeur


Assis toute la journée dans mon corps qui s'promène
j'passe ma vie à zapper toutes sortes d'énergumènes
les humains sont étranges avec leu'p'tites manies
y'a une chose qui m'dérange, c'est qu'j'en suis un aussi

paraît qu'on est v'nu là pour en savoir plus long
on avance, on avance même si c't'à reculons
à toutes les fois qu'on dort ça pourrait être la mort
on s'réveille, on s'rendort, peut-être qu'on s'améliore

j'ai vu des ambitions qui donnaient des jambettes
des gagnants d'la loterie qui avaient tout'perdu
des futurs grands patrons qui faisaient des courbettes
des bouddhas basanés aux bedons distendus

j'ai vu des somnambules qui piégeaient des fantômes
pour peupler l'infini du rêve des mendiants
j'ai vu naîtr'des cauch'mars comme des vengeances d'atomes
que les Aigles ont semés dans le soleil levant

j'ai vu des grands mourants qui s'préparaient à naître
des écoeurés d'la vie à l'entrée d'un tunnel
des emmurés du Pen qui s'battaient pour une f'nêtre
des victimes innocentes à qui poussaient des ailes

j'ai vu des vieilles rancunes tricoter des ulcères
des crayons à cinq cennes cracher des arrêts d'mort
des voleurs de millions pris dans des souricières
des sourds-muets du coeur qui voulaient crier fort

paraît que tout c'qu'on voit c'est comme du cinéma
des illusions qui marchent en trompant nos cervelles
qu'on s'rait pognés ben dur dans une sorte de comas
qu'on saurait pu comment tourner la manivelle

j'ai vu des chars d'assaut qui labouraient des corps
des rêveurs env'loppés dans des drapeaux qui saignent
des vendeurs de sommeil qui jouaient les croque-mort
des beaux messages lancés vers des mondes qui s'éteignent

dans l'antichambre du ciel, à deux pas du portail
y'a des fumeurs de pot qui'ont déjà pris d'l'avance
y voulaient rien savoir d'être avec le bétail
de ben rêver sa vie, ça donne des compétences

Assis toute la journée dans mon corps qui s'promène
j'passe ma vie à zapper toutes sortes d'énergumènes
les humains sont étranges avec leu'p'tites manies
y'a une chose qui m'dérange, c'est qu'j'en suis un aussi

Joliette
30 mars 1992
Par michiboux - Publié dans : écriture
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